{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/6a9973d271aca7f60f8a29c4?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi la démocratie est-elle à son niveau le plus bas depuis vingt ans ?","description":"<p>La démocratie recule dans le monde. C’est du moins ce que montre le dernier « indice de démocratie » publié par l’Economist Intelligence Unit, ou EIU.</p><p>Cet indice existe depuis 2006 et cherche à mesurer le niveau de démocratie dans 167 pays et territoires. Pour cela, les chercheurs utilisent 60 indicateurs répartis en cinq grandes catégories : le fonctionnement des élections, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et enfin la culture politique.</p><p>Chaque pays reçoit ensuite une note sur 10.</p><p>Et en 2025, la moyenne mondiale est tombée à 5,16 sur 10 : le niveau le plus faible jamais enregistré depuis la création de l’indice.</p><p>Plus spectaculaire encore : seulement 6,6 % de la population mondiale vit désormais dans ce que l’EIU appelle une « démocratie complète ». Dix ans auparavant, cette proportion était presque deux fois plus élevée. À l’inverse, près de 40 % de l’humanité vit aujourd’hui sous un régime qualifié d’autoritaire.</p><p>Alors, comment expliquer ce recul ?</p><p>Il ne signifie pas simplement que des élections disparaissent. Dans de nombreux pays, elles continuent d’exister. Le problème est plutôt que certains des mécanismes indispensables à une véritable démocratie s’affaiblissent.</p><p>Dans certains États, les gouvernements exercent davantage de pression sur les médias, la justice ou l’opposition. Ailleurs, les élections restent compétitives, mais la confiance dans les institutions diminue fortement.</p><p>Un autre phénomène joue un rôle important : la polarisation politique. Lorsque deux camps deviennent extrêmement hostiles l’un envers l’autre, le compromis devient plus difficile. Or une démocratie ne repose pas uniquement sur le fait de voter. Elle suppose également d’accepter les règles du jeu, la légitimité de l’opposition et, surtout, la possibilité de perdre une élection.</p><p>Même les démocraties occidentales ne sont donc pas épargnées.</p><p>Les États-Unis, par exemple, ne sont plus classés comme une « démocratie complète » depuis 2016, mais comme une « démocratie imparfaite ». La France oscille elle aussi autour de la frontière entre ces deux catégories.</p><p>Il faut toutefois garder une nuance essentielle : cet indice n’est pas une mesure scientifique absolue de la démocratie. C’est un outil de comparaison construit à partir de critères et d’évaluations qui peuvent être discutés.</p><p>Mais son évolution sur près de vingt ans révèle une tendance préoccupante : le recul ne concerne pas seulement le nombre de démocraties.</p><p>Il touche aussi leur qualité.</p><p>Autrement dit, la démocratie peut s’affaiblir sans disparaître brutalement. Les élections continuent, les institutions restent en place, mais progressivement, la confiance, les libertés et les contre-pouvoirs peuvent s’éroder.</p><p>Et c’est précisément cette lente érosion que l’indice cherche aujourd’hui à mesurer.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}