{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/683f9641c966cde7364d92b6?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi les Belges disent-ils \"septante\" et non “soixante-dix” ?","description":"<p>La réponse se trouve dans l’histoire… et dans la logique !</p><p><br></p><p>Commençons par le constat : en français, nous avons des systèmes de numération un peu… hybrides. Jusqu’à 69, tout est régulier : soixante-neuf, pas de souci. Mais ensuite, les choses se compliquent : on passe à \"soixante-dix\" (soixante + dix), puis \"quatre-vingt\" (4 x 20), \"quatre-vingt-dix\" (4 x 20 + 10). D’où vient ce casse-tête ?</p><p>Cela remonte au Moyen Âge. À cette époque, en français, plusieurs systèmes de comptage coexistaient. Il y avait le système décimal (basé sur 10), plus simple, et le système vicésimal (basé sur 20), hérité des Celtes et des Normands. Dans certaines régions de France, notamment au nord-ouest, le système vicésimal était courant : on comptait en \"vingtaines\". C’est ce qui a donné \"quatre-vingts\", resté dans l’usage en France.</p><p><br></p><p>Mais en Belgique, en Suisse et dans certaines régions de France (par exemple en Savoie), c’est le système décimal qui a prévalu : \"septante\", \"octante\" (anciennement), \"nonante\". Ces formes sont claires, régulières et en usage depuis longtemps dans ces régions.</p><p><br></p><p>Alors pourquoi la France a-t-elle gardé les formes complexes ? Cela vient en partie de la centralisation de la langue sous l’Ancien Régime, puis sous la Révolution. Le français \"standard\" s’est fixé à Paris, où le système vicésimal était dominant. Avec l’école républicaine et l’imprimerie, ce modèle s’est imposé dans toute la France.</p><p>En revanche, la Belgique, indépendante depuis 1830, a gardé une plus grande liberté linguistique. Le français belge s’est appuyé sur des formes plus régulières, plus claires : \"septante\", \"nonante\". Le même phénomène s’observe en Suisse romande.</p><p><br></p><p>Fait amusant : au XVIIe siècle, même en France, des grammairiens recommandaient \"septante\" et \"nonante\", jugés plus logiques ! Mais l’usage parisien l’a emporté.</p><p>En résumé : les Belges (et les Suisses) disent \"septante\" et \"nonante\" car ils ont conservé un système décimal ancien, plus cohérent. Les Français, eux, sont restés fidèles à un héritage médiéval basé sur le système vicésimal. Une petite différence qui raconte toute une histoire de la langue !</p>","author_name":"Choses à Savoir"}