{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/5e0f17261e3e6bda350d3fb4/5e5a4763703221815bdc2adf?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Episode #7 - Margreta","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/5e0f17261e3e6bda350d3fb4/1582974940251-e1cb290cb3455938d37fb4cca0bc52f0.jpeg?height=200","description":"<p>Dans ce 7e épisode,&nbsp;<strong>Margreta</strong>&nbsp;lève le voile sur une pratique qui dérange :&nbsp;<strong>l’assistance sexuelle à la personne handicapée</strong>. Un&nbsp;<strong>témoignage</strong>&nbsp;riche et&nbsp;<strong>décapant</strong>&nbsp;qui nourrit tout en&nbsp;<strong>nuance</strong>&nbsp;notre petite machine à penser.</p><p><br></p><p>Ils rêvent tous d’une sexualité normale. Mais voilà. Enfermés dans leur handicap, physique ou mental, ils sont coupés de cette chance, de ce&nbsp;<strong>droit humain fondamental</strong>. Incapables d’assouvir leurs&nbsp;<strong>besoins</strong>&nbsp;affectifs et leurs désirs,&nbsp;<strong>déconnectées&nbsp;</strong>de leur propre<strong>&nbsp;corps</strong>, reléguées aux&nbsp;<strong>oubliettes</strong>&nbsp;de notre société, les personnes handicapées souffrent ainsi d’une&nbsp;<strong>double peine discriminante</strong>. En&nbsp;<strong>Belgique</strong>, ce n’est que dans les années 90 qu’on se penche sur la question de leur sexualité : en 1997, une recrudescence de l’épidémie du Sida toucha des personnes handicapées au sein même des institutions, créant&nbsp;<strong>l’émoi</strong>&nbsp;et levant radicalement le voile sur les besoins de ces dernières et sur l’état de leur&nbsp;<strong>condition humaine</strong>. «&nbsp;Ainsi a-t-on vu trois ministres francophones avaliser, au début des années 2000, la&nbsp;<a href=\"https://www.aviq.be/handicap/pdf/documentation/publications/informations_particulieres/charte_agir_juridiques-ACCOK.pdf\" target=\"_blank\"><strong>Charte pour agir</strong></a>, rédigée par des acteurs de terrain, dont un des objectifs est le développement de l’information et le soutien à l’<strong>épanouissement affectif et sexuel</strong>des personnes handicapées&nbsp;», commente le Comité consultatif de bioéthique de Belgique dans&nbsp;<a href=\"https://www.health.belgium.be/sites/default/files/uploads/fields/fpshealth_theme_file/avis_74_ass_sexuelle_aux_ph.pdf\" target=\"_blank\">l<strong>’Avis positif</strong>&nbsp;</a>qu’il promulgue en faveur de l’assistance sexuelle à la personne handicapée, en 2017… seulement.</p><p><br></p><p>Vouloir&nbsp;<strong>sortir</strong>&nbsp;ces personnes fragilisées de&nbsp;<strong>l’isolement</strong>, vouloir&nbsp;<strong>comprendre</strong>&nbsp;leur&nbsp;<strong>misère affective et sexuelle</strong>&nbsp;est devenu légitime. Mais l’idée de leur faciliter l’accès à l’<strong>exploration</strong>&nbsp;et à la&nbsp;<strong>découverte</strong>&nbsp;de leur corps, de leurs sensations et de leur sensualité paraît une&nbsp;<strong>évidence</strong>&nbsp;somme toute encore très&nbsp;<strong>théorique</strong>. Sur le terrain, le sujet reste&nbsp;<strong>tabou</strong>,&nbsp;<strong>tendu</strong>,&nbsp;<strong>clivant</strong>. Soit que les assistants sexuels restent incompris voire à peine&nbsp;<strong>tolérés</strong>, soit que l’on nie l’existence même des demandes des bénéficiaires, soit que l’on peine à qualifier cette pratique&nbsp;<strong>thérapeutique</strong>&nbsp;floue, à mi-chemin entre la&nbsp;<strong>câlino-thérapie</strong>&nbsp;et la&nbsp;<strong>prostitution</strong>. Dans la tête de certains, l’accompagnement vers les&nbsp;<strong>plaisirs intimes</strong>&nbsp;est une pratique potentiellement perverse qui pourrait aliéner encore davantage la personne. Dans la bouche des personnes qui témoignent, en revanche, il s’agit «&nbsp;juste&nbsp;» de proposer son&nbsp;<strong>aide</strong>&nbsp;à des personnes en souffrance. Et les rendre&nbsp;<strong>plus humains</strong>.</p><p><br></p><p>Bien-sûr, les&nbsp;<strong>questions</strong>&nbsp;sont nombreuses et le cadre nécessaire&nbsp;: Quelle formation enseigner&nbsp;? Quel statut donner aux assistants sexuels&nbsp;? Doit-on prévoir un&nbsp;<strong>remboursement</strong>&nbsp;par la sécurité sociale&nbsp;? Comment cadrer les demandes des bénéficiaires&nbsp;? Comment éviter le soupçon d’un «&nbsp;Etat proxénète&nbsp;»&nbsp;?… En&nbsp;<strong>Belgique</strong>, la loi autorise la pratique et sa rémunération. Il faut compter une centaine d’euros la séance, hors frais de déplacement. La prise en charge par la mutuelle n’est pas autorisée alors qu’elle l’est dans certains cas au Danemark, en Suisse et aux Pays-Bas. En France, la formation et la pratique sont légales, mais pas leur rémunération…</p><p>Concrètement, en Belgique, on compte une&nbsp;<strong>centaine</strong>&nbsp;d’assistants sexuels, essentiellement des femmes, et majoritairement en Flandre. Ces personnes sont formées par l’association&nbsp;<a href=\"http://www.aditiwb.be/\" target=\"_blank\"><strong>Aditi</strong></a>&nbsp;qui propose (depuis 2009 en Flandre, 2012 en Wallonie et à Bruxelles) des&nbsp;<strong>solutions concrètes</strong>&nbsp;pour les personnes en situation de handicap et leur entourage, des conseils et des formations pour les professionnels qui les accompagnent.&nbsp;<strong>L’association</strong>&nbsp;coordonne les demandes des bénéficiaires et les clarifie grâce à un premier rendez-vous avec un&nbsp;<strong>sexologue</strong>&nbsp;qui voit ensuite vers qui transférer au mieux cette demande si particulière.</p><p><br></p><p>Et si la sexualité et le handicap restent un&nbsp;<strong>sujet difficile</strong>&nbsp;à aborder dans la vraie vie, le&nbsp;<strong>cinéma</strong>&nbsp;y a déjà pourtant consacré quelques films sensibles, drôles, pertinents, comme le belge&nbsp;<strong><em>Hasta la vista</em></strong><em>&nbsp;</em>de Goeffrey Enthoven, le mémorable&nbsp;<strong><em>Intouchables</em></strong><em>&nbsp;</em>d’Olivier Nakache et Eric Tolédano, le récompensé&nbsp;<strong><em>De rouille et d’os</em></strong><em>&nbsp;</em>de Jacques Audiard et le réaliste&nbsp;<strong><em>The Session</em></strong>&nbsp;de Ben Lewin, qui raconte l’histoire vraie de la rencontre entre un homme paralysé et une thérapeute qui va lui permettre d’aimer «&nbsp;comme tout le monde&nbsp;».</p>","author_name":"Yasmine Boudaka - Stéphanie Grosjean"}